Combien de trains de retard pour la transformation digitale des entreprises antillaises ?

À la traîne…, pourtant la transformation digitale est un élément crucial de leur compétitivité, par les économies et les innovations qu’elle procure. 

Ces principes qui changent le rapport aux clients, aux fournisseurs, mais aussi et surtout le rapport au travail, la manière d’innover et de s’organiser, sont confrontés au mal des organisations traditionnelles.

Question de tactique ou de nouvelles technologies ?

Je dirai plutôt de stratégie et de mutation socio-culturelle dont l’objet est la refonte des modèles économiques éprouvés, dépassées…qui caractérisent les entreprises de nos territoires.

Les dirigeants de TPE et PME expriment aisément le besoin d’être accompagnés et aidés dans cette mise en œuvre. Mais ils ont surtout besoin qu’on leur prouve les avantages d’un investissement digital !

QUELQUES CHIFFRES

  • Poids du numérique dans le PIB français : 5,5 % soit environ 120 milliards en 2015 (source : BPI France)
  • Risque de réduction du résultat opérationnel pour une entreprise qui ne parviendrait pas à s’adapter : – 20 % (source : Le Lab Territorial 2017)
  • Au niveau national, on note que les secteurs d’activité présentant le plus fort retard dans le déploiement de leur transformation digitale sont :
  • La construction 61 %
  • Le commerce 48 %
  • Les services aux particuliers 24 %
  • En Martinique, les entreprises qui composent le tissu économique se répartissent comme suit :

MAIS QU’EST CE QUI FREINE LA MARCHE EN AVANT DE NOS ENTREPRISES LOCALES ?

La vision parcellaire des dirigeants

La fracture numérique commence au niveau des comités de direction ou de(s) dirigeant(s) qui doi(ven)t comprendre les impacts du digital sur le business. Souvent perplexes devant les perspectives peu lisibles du retour sur investissement à viser, ils sont peu enthousiastes à l’idée de valider les investissements nécessaires.

Or ce changement doit être impulsé par un pilote disposant de convictions suffisamment fortes pour entrainer et fédérer toute une organisation. Car le digital est transverse et suppose l’implication de toutes les fonctions de l’entreprise.

Les rigidités organisationnelles des structures silotées

Les silos organisationnels rendent ces transformations difficiles, car cela change beaucoup de choses pour nos modes de fonctionnement même si on commence à le faire de façon peu invasive dans l’entreprise.

Les concepts qui ont fait notre éducation scolaire puis professionnelle (productivité individuelle, pyramide décisionnelle, hyper spécialisation des profils) montrent leur limite et s’opposent à l’indispensable fluidité nécessaire entre fonctions et services, au travail coopératif, aux projets transverses et autres outils collaboratifs.

Le financement de la transformation digitale

Souvent le premier frein exprimé par les entrepreneurs, il demeure un obstacle important car les faibles marges réalisées (28 % en France en moyenne) laissent peu de ressources pour ces investissements.

Il est donc cohérent et plus facile de brider les investissements dans ce domaine surtout si l’on ignore comment s’y prendre.

Le changement pour répondre aux besoins client, oui mais …

Le changement a souvent été impulsé dans les entreprises par la volonté d’offrir une meilleure qualité de services rendus aux clients qui sont visés en premier lieu par les chantiers digitaux.

Mais la révolution doit d’abord s’opérer auprès des salariés de l’entreprise afin qu’ils aient l’appétence et la volonté de remettre en cause les processus, les produits et leurs modes de fonctionnement. La première étape de la transformation n’est pas externe, elle concentre toutes les peurs liées au changement et met en évidence des résistances intrinsèquement humaines, cristallisées par les collaborateurs. La montée en compétences et en puissance des salariés est un chantier prioritaire « Salariés First ».

QUELQUES PISTES À CREUSER

Aligner, Animer et Agir

La transformation numérique c’est aussi et d’abord se remettre en question. Le dirigeant a été capable de produire une richesse, parfois seul. Il doit maintenant se moderniser et opérer sa montée en compétences numériques … pour aller plus loin « l’académie des dirigeants ».

Susciter la prise de conscience des dirigeants

Les enjeux dépassent les seules problématiques technologiques. Il est opportun de mettre en œuvre une véritable tour de contrôle (souvent nommé “chief digital officer” ou CDO) qui a la main sur l’ensemble des projets de transformation. Tantôt coach, tantôt expert technique ou simple chef d’orchestre, Il a une vision globale des chantiers et pilote la cohérence d’ensemble pour mener la transformation … pour aller plus loin « le CDO externalisé »

Garantir le changement en misant sur ses ressources humaines

Les enjeux humains sont prioritaires pour cette transformation (formation, organisation, gestion des compétences) avec de nouveaux challenges pour les responsables RH, qui sont souvent les dirigeants eux-mêmes dans les TPME.

Ces derniers doivent mettre en place de nouveaux modèles d’organisation (intégrant de nouveaux rapports à l’autorité) et anticiper les besoins en savoir-faire de leur entreprise (mise en œuvre de méthodes de travail autrement plus collaboratives) afin d’opérer un changement de culture … pour aller plus loin « la TD des RH »

Nos entreprises présentent de grandes difficultés à faire bouger les lignes, changer les habitudes ancrées dans nos modes de fonctionnement traditionnels et surtout à percevoir cette transformation (subie pour certaines) autrement que comme un coût.

Bien plus qu’un problème de financement ou de compétences, la prise de conscience de nos entrepreneurs doit s’opérer car il en va de la santé de l’économie et de la compétitivité de nos territoires.

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2 commentaires sur « Combien de trains de retard pour la transformation digitale des entreprises antillaises ? »

  1. Article très bien écrit et qui traduit si bien la réalité. Inertie des politiques, manque de vision des commerçants, peut être le ibonkonsa qui prime sur un marché captif ?(captif peut être mais qui se délite inexorablement)… Bref peu de changement en 15 ans.

    1. Merci pour votre commentaire.
      Un constat qui semble bien négatif au premier abord mais qui je l’espère éveillera les consciences et surtout donnera l’envie d’agir car nous avons un potentiel énorme à exploiter sur nos territoires

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